The Weekend Magazine

by Tomeci Press Publications

Comparison chart of airplane speed and fuel consumption for commercial airliner, military jet fighter, regional turboprop, cargo transport aircraft
(Staff: Pays-Bas / Transport & Aviation)

 Un utilisateur sur un réseau social a posé une question qui semble logique à première vue, mais les réponses des spécialistes de l’aviation révèlent une équation complexe : le coût du carburant n’est qu’une pièce du puzzle. Le temps, les salaires des équipages et l’efficacité opérationnelle imposent la vitesse de croisière.

Une question qui semble simple – pourquoi les avions de ligne volent-ils à 1000 km/h alors que la consommation de carburant serait plus faible à 600 km/h ? – a généré des réponses détaillées de la part d’ingénieurs aérospatiaux et de spécialistes de l’aviation. Leur conclusion est que l’économie d’une compagnie aérienne ne se résume pas aux litres de kérosène. Il s’agit d’un calcul complexe dans lequel le temps, les coûts fixes et la productivité sont tout aussi importants.

La vitesse optimale n’est pas la vitesse la plus basse

L’un des premiers facteurs invoqués par les spécialistes est que l’économie de carburant n’est pas directement proportionnelle à la réduction de la vitesse. Comme l’explique un ingénieur, en aviation, la traînée a deux composantes :

  • La traînée parasite – qui augmente exponentiellement avec la vitesse.
  • La traînée induite – liée à la génération de portance, qui diminue à mesure que la vitesse augmente.

À faible vitesse, la traînée induite est élevée. À grande vitesse, la traînée parasite domine. Il existe un point d’équilibre, appelé “vitesse de croisière optimale”, où la consommation au kilomètre est minimale. Les spécialistes calculent ce point avec précision, et il ne se situe pas à 600 km/h, mais beaucoup plus près de la vitesse de croisière réelle (800-950 km/h).

Combien un avion consomme-t-il vraiment ?

Un expert fournit un exemple concret, basé sur les données d’un Boeing 747 :

  • À 920 km/h (vitesse de croisière normale), la consommation est de 12 500 litres par heure, soit 13,6 litres par kilomètre.
  • À 600 km/h, la consommation horaire tombe à 7 800 litres, mais la consommation au kilomètre ne tombe qu’à 13 litres – une différence de seulement 0,6 litre par kilomètre.

En d’autres termes, réduire la vitesse d’un tiers n’apporte qu’une économie de 4 à 5 % au kilomètre, mais le temps de vol augmente considérablement.

L’économie du vol : le coût du temps

C’est la partie essentielle de la réponse. Un autre spécialiste explique qu’une compagnie aérienne doit tenir compte de :

  • Les coûts d’équipage : les pilotes et le personnel de cabine sont payés à l’heure. Si un vol dure 30% de plus, les coûts de personnel augmentent de 30%.
  • La productivité de l’avion : un avion qui vole plus lentement peut effectuer moins de vols par jour. Un avion qui effectue 10 000 heures par an pourrait perdre 3 000 heures de vol si la vitesse est réduite, ce qui réduit considérablement les revenus.
  • Les coûts de capital : les avions sont extrêmement chers. Les compagnies aériennes doivent les utiliser le plus intensément possible pour rentabiliser leur investissement.

Un spécialiste calcule que les coûts d’équipage représentent environ un tiers des coûts totaux. Par conséquent, une réduction de 30% de la vitesse augmenterait les coûts d’équipage de 30%, ce qui entraînerait une baisse de rentabilité pouvant atteindre 40%.

Le facteur technique : l’altitude et le mur du son

Outre l’économie, il existe également une limitation physique. Les avions volent à haute altitude pour réduire la résistance de l’air (l’air est plus rare). Cependant, à très haute altitude, la vitesse du son est plus faible, et les avions ne sont pas conçus pour la dépasser. De plus, à ces altitudes, la marge entre la vitesse minimale (au-dessus de laquelle l’avion se maintient en l’air) et la vitesse maximale (avant d’entrer dans la zone sonique dangereuse) se réduit, laissant peu de place aux variations.

Conclusion : la vitesse actuelle est le résultat d’un calcul économique

Ainsi, la réponse est que la vitesse de croisière actuelle (800-950 km/h) est le résultat d’un compromis entre la consommation de carburant (qui n’est que légèrement plus élevée à grande vitesse) et l’efficacité opérationnelle (qui chute considérablement à basse vitesse). Les compagnies aériennes ne volent pas à 1000 km/h parce qu’elles sont irresponsables, mais parce qu’à l’heure actuelle, c’est la vitesse qui leur permet d’être rentables et d’offrir aux passagers un service rapide et abordable.

Laisser un commentaire

Trending

Discover more from The Weekend Magazine

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading