The Weekend Magazine

by Tomeci Press Publications

Map of Western Europe highlighting France in blue, Italy in green, and Belgium in orange with major cities Paris, Rome, and Brussels marked.
(Staff: Belgique / Mobilité & Sécurité routière)

 Jean-Luc Crucke (Les Engagés) veut suivre l’exemple de la France et de l’Italie, où les conducteurs novices n’ont pas le droit de conduire des véhicules puissants pendant trois ans. Bien que les statistiques montrent que seuls 3% des accidents graves impliquant des jeunes concernent des voitures de plus de 200 ch, le ministre juge la mesure “sensée”. L’institut de sécurité routière VIAS est toutefois sceptique.

Le ministre fédéral belge de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés) , a déclaré vouloir ouvrir un débat sur l’interdiction des véhicules trop puissants pour les jeunes conducteurs. L’idée s’inspire des mesures récemment adoptées en France et en Italie, où les débutants n’ont pas accès aux voitures puissantes dans les premières années suivant l’obtention du permis.

Que prévoit la proposition ?

En France, le Parlement a approuvé fin juillet une loi interdisant aux conducteurs novices de conduire des véhicules puissants pendant trois ans après l’obtention du permis. Crucke souhaite examiner si une telle mesure serait opportune en Belgique. La puissance maximale autorisée pour les débutants reste à déterminer ; en Italie, par exemple, la limite a été fixée à 95 ch pour les voitures essence ou diesel. Le ministre souligne qu’il ne s’agit pas d’une décision immédiate, mais de l’initiation d’un processus de recherche et de consultation.

Arguments pour et contre

Les partisans de la mesure, dont l’expert en mobilité Dirk Lauwers, soulignent qu’1 accident grave sur 7 implique des conducteurs de moins de 25 ans. En Italie, depuis l’introduction de la restriction en 2011, le nombre d’accidents chez les jeunes a diminué d’un quart.

L’Institut de Sécurité Routière VIAS est cependant sceptique. Selon ses chiffres, seuls 3% des accidents graves impliquant des jeunes de 18 à 24 ans concernaient des voitures de plus de 200 ch. Pour l’ensemble de la population, ce pourcentage s’élève à 6%. VIAS fait remarquer que les accidents sont souvent causés par la vitesse, l’alcool ou les drogues, et pas nécessairement par la puissance du moteur. De plus, l’application pratique d’une telle interdiction est difficile, surtout dans les familles qui ne possèdent qu’une seule voiture.

Réactions et alternatives

L’organisation de mobilité Touring estime que l’accent devrait être mis sur le comportement du conducteur plutôt que sur le type de véhicule. La société d’assistance routière VAB propose des solutions techniques, comme des clés pouvant limiter la vitesse maximale de la voiture, ou une réforme de la formation des conducteurs, sur le modèle des motos où l’accès aux modèles puissants est progressif. Crucke a précisé qu’il souhaitait éviter de pénaliser les familles à revenus modestes ou d’entraver l’exercice d’une activité professionnelle, par exemple dans le cas de jeunes agriculteurs ayant besoin de véhicules agricoles puissants.

Conclusion

La proposition du ministre Crucke ouvre un débat important en Belgique, mais le chemin vers une éventuelle interdiction est long. Bien qu’il existe des exemples positifs en Europe, les données de l’Institut VIAS et les questions pratiques liées à la mise en œuvre suggèrent que toute mesure nécessitera une analyse approfondie et un compromis entre sécurité, liberté individuelle et réalités économiques.

Laisser un commentaire

Trending

Discover more from The Weekend Magazine

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading